Les œuvres

"La musique de Mozart est un univers, une source de lumière, de beauté, de grâce. On s'arrête souvent à ces émotions mozartiennes. Mais il faut aussi éprouver la profondeur, le sens du tragique. Mozart pour moi ne sera jamais le "divin Mozart" ou "l'ange Mozart" car il est à mon sens l'être le plus humain qui soit". (Anne Queffélec, interviewée par Gérard Abrial pour Easyclassic en août 2003)

AVE VERUM CORPUS

L’Ave Verum Corpus date 1791, dernière année de vie de Mozart. Il pose sa candidature au poste de Maître de Chapelle de la cathédrale de St Etienne. Il souhaite replacer la musique religieuse au centre de ses préoccupations.

Il rejoint sa femme Constance et son fils Carl à Baden, où il se lie d’amitié avec Anton Stoll, chef de chœur à Baden et ami du compositeur Haydn. A l’occasion de la Fête-dieu (Corpus Christi), il écrit un motet à effectif réduit, adapté aux ressources d’une église de village : 4 voix, accompagnées de cordes et d’un orgue.

Cette courte œuvre est un chant d’adoration d’une grande intensité au merveilleux équilibre. Une musique à la forme parfaite d’une grande force émotionnelle.

C’est le mystère d’amour, le retour à la foi de Wolfgang Amadeus Mozart qui, aux portes de l’éternité, fait de cette œuvre un pur moment de beauté.

« Comme si celui qui anime l’Univers avait voulu manifester ainsi que tout en Mozart était musique à l’état pur, organisée en un cosmos ignorant l’apesanteur et triomphant des contingences chaotiques d’ici-bas, sublime émanation et quintessence de son propre esprit. »
Alfred Einstein , « Mozart, l’homme et son œuvre », 1954

Les paroles :

« Je vous salue, O vrai Corps,
Né de la Vierge Marie,
Qui avez vraiment souffert et avez été immolé,
Sur la Croix pour le salut de l’Homme.
Vous dont le coté transpercé
A laissé se répandre de l’eau et du sang ;
Donnez nous de goûter une dernière fois votre douceur
Avant de paraître devant Vous. »
« O doux Jésus ! O bon Jésus !
O Jésus, Fils de Marie ! »

EXULTATE JUBILATE

'Exultate, jubilate K. 165 est un motet pour voix de soprano et orchestre, composé par Wolfgang Amadeus Mozart en janvier 1773.

Mozart a alors 17 ans et vient d'entrer au service du prince-archevêque Colloredo à Salzbourg. Lors de son troisième voyage en Italie, il écrit cette pièce pour le castrat Venanzio Rauzzini qu'il avait admiré précédemment et à qui il avait confié un rôle dans son opéra Lucio Silla, juste achevé. Le chanteur créé l'Exsultate à Milan le 17 janvier 1773, à l'église des Théatins.

La partition est remaniée secondairement par le compositeur et la nouvelle version (beaucoup moins jouée de nos jours), donnée le 30 mai 1779. Le texte est en latin et son auteur reste inconnu. Il chante la joie des âmes bienheureuses

Le motet se compose de trois parties (La première et la seconde étant séparé par un court récitatif) et son exécution dure environ quinze minutes.

• Exultate, jubilate
• Fulget amica dies (récitatif)
• Tu virginium corona
• Alleluja

MESSE DU COURONNEMENT

Mozart a composé près de dix-sept messes entre 1768 et 1783, dont onze sont des messes brèves destinées à l'office ordinaire.

Pour la plupart elles sont des commandes de son maître l'archevêque de Salzbourg et sont donc toutes porteuses de cette période salzbourgeoise entre apprentissage et esclavage.

Oeuvres obligatoires elles auraient pu être routinières et profanes dans l'âme. Mais Mozart se sert de ces pièces vocales comme champs d'expérimentation de ses futures oeuvres vocales, et les ornements et le lyrisme se déploient sans complexe et sans détournement.

Cette messe K317, datant du 23 Mars 1779, est particulière. Son appellation de "Messe du Couronnement" semble évoquer la fête annuelle du couronnement d'une statue de la Vierge dans l'église baroque de Maria-Plain, aux portes de la ville.
Son effectif important (4 voix solistes, choeur mixte, haut-bois, cors et trompettes par 2, trombones par 3, timbales, orgue et cordes) avait pu annoncer une oeuvre triomphante à la Haendel.

Il n'en est rien, car il s'agit plutôt d'une oeuvre d'exorcisme des circonstances très particulières de ce moment dans la vie de Mozart : mort de sa mere, retour humiliant à Strasbourg après avoir été boudé par Paris…

Aussi nous nous attendons à une musique noire et pathétique, pour le moins douloureuse, or cette messe n'est pas le couronnement des peines mais une échappée au travers des épreuves.

« Je n'ai de vraie joie à rien", écrit-il, juste avant.

Quelques mois plus tard sa musique va se tendre, se durcir vers un certain désespoir. Cette messe n'en porte pas de traces encore trop évidentes et le climat de religiosité sert de garde fou à tout appel vers le vide. Mozart se tourne à cet instant vers la pudeur et la concision.  Ses émotions se font discrètes et il ne veut en aucun cas s'abandonner au pathétique ou au sentimental.

Sa quête de pureté et de vérité intérieure est en marche déjà dans cette oeuvre qui se veut populaire, simple et pourtant complexe pour ceux qui veulent approfondir.
Populaire et savante, tout à la fois, comme la Flûte Enchantée, cette œuvre se veut courte et accessible à tous les publics. 

Messe en ut majeur k317 "du Couronnement"

1 - Kyrie
2 - Gloria
3- Credo
4 - Sanctus Benedictus
5 - Agnus Dei

PETITE MUSIQUE DE NUIT

La « Petit musique de nuit » K525 en sol majeur, est une sérénade pour quintette à cordes, composée en 1787. Son premier mouvement comporte l’un des thèmes les plus connus en la musique classique.

L’œuvre est contemporaine de la mort du père de Wolfgang, Léopold Mozart, ainsi que de la création de son opéra Don Giovanni. Elle était à l’origine composée de 5 mouvements, avec un premier menuet après l’allegro. Celui-ci a manifestement été ôté de la partition initiale et n’a jamais été retrouvé. Même si elle est écrite pour un quintette, la partition ne comporte que quatre parties, la contrebasse doublant le violoncelle sur l’intégralité de la pièce.

Cette sérénade a souvent été reprise pour orchestre à cordes. L’œuvre comporte quatre mouvements : Allegro, Romanze (Andante), Menuetto, Rondo

CANTIQUE DE JEAN RACINE

Le Cantique de Jean Racine est une pièce composée en 1864 par Gabriel Fauré. Ecrite pour chœur et piano, elle se situe dans la tonalité de ré bémol majeur.
Cette œuvre présente un caractère solennel et religieux.

Après une introduction jouée au piano, le chœur entre pupitre par pupitre.

Dès la quatrième mesure, après un pont instrumental, une partie centrale modulante intervient en la bémol majeur, qui place l’œuvre dans son point d’orgue au niveau de l’expression.

La pièce evolue ensuite vers un retour lent et solennel, comme au début du morceau.

CANON

Le Canon (dont le nom complet est canon et gigue en ré Majeur pour trois violons et basse continue) est l’œuvre la plus connue de Johann Pachelbel.

Il a composé cette pièce en 1680, en pleine période baroque comme une œuvre de musique de chambre pour trois violons et basse continue, mais elle a depuis été arrangée pour une grande variété d’instruments. Le Canon était à l’origine suivit par une gigue qui reprenait le même thème musical, mais cette composition est rarement exécutée de nos jours.

Ce mouvement est très connu pour les phrases répétitives aux instruments à cordes. Il s'agit en fait d'un thème avec 27 variations .La mélodie est vraiment simple, mais d'une telle douceur et d'une telle beauté, que le morceau nous éblouit.

Cette oeuvre représente peut-être le plus extraordinaire phénomène de reprise dans toute l’histoire de la musique, cependant il n’a jamais été vulgarisé et garde aux oreilles des mélomanes, toute sa pureté.

LA MEDITATION DE THAIS

"Vous avez élevé au premier rang des héroïnes lyriques ma pauvre Thaïs. Vous êtes ma plus douce gloire. Je suis ravi [...] L'air à Eros, le duo final, tout est d'une beauté charmante et grande. Je suis heureux et fier de vous avoir fourni le thème sur lequel vous avez développé les phrases les mieux inspirées. Je vous serre les mains avec joie" - Anatole France –

La Méditation de Thais est extrait de son opéra en trois actes Thais, écrit en 1894. En instaurant un ordre musical nouveau, Massenet propose avec cet opéra, des solutions aussi éloignées de la tradition italienne que des principes wagnériens.

C’est la fusion réussie des genres, l’idéal recherché et trouvé. Équilibre stylistique entre symphonie et dramaturgie, équilibre entre poésie et musique, équilibre entre les personnages et le chant. C’est une parfaite synthèse voix-théâtre-musique.

C’est le premier opéra résolument moderne. Œuvre impressionniste où l’orchestration devient l’élément fluide, Massenet a brossé en de grandes fresques musicales, tout en contraste, l’univers sobre et sévère du désert de la Thébaïde et l’Orient grouillant et bariolé d’Alexandrie.

C’est l’œuvre de séduction et de passion fiévreuse, à la mélodie flexible, proche de l’émotion de la voix parlée et qui permet au verbe et au son de s’épanouir. Mais c’est aussi la musique qui se fait théâtre.

ADAGIO

Si Albinoni est si célèbre aujourd’hui, c’est grâce à son Adagio en Sol mineur.

C’est une œuvre dont il n’est cependant pas l’auteur ! Il s’agirait d’un arrangement écrit par Remo Giazotto en 1945, à partir d’un fragment de mouvement de sonate en trio retrouvé parmi les ruines de la bibliothèque de Dresde.

Quoiqu’il en soit, cette œuvre majeure reste une des plus connues, jouées et reprises dans le monde.

Sa mélodie, si simple et pourtant si bouleversante, nous plonge en introspection, et reste irrémédiablement dans nos mémoires.

CONCERTO POUR VIOLON ET ORCHESTRE EN SOL MAJEUR

Le violoniste Jöel-Marie Fauquet a écrit : Il me souvient d'avoir entendu, après une exécution en concert d'une belle symphonie concertante pour deux violons de Saint-Georges, la réflexion suivante « Il est influencé par Mozart ».

Pour rétablir la vérité, il faut préciser que Saint-Georges reste, on oublie trop aujourd'hui, l'un des principaux représentants de l'esthétique française de la symphonie concertante et du concerto pour violon. C'est au contraire Mozart, avec la prodigieuse faculté d'assimilation de son génie, qui fera passer dans ses propres concertos de violon et son admirable symphonie concertante pour violon et alto, la quintessence de ce que lui ont apporté les oeuvres des violonistes parisiens.

Quoi qu'il en soit, l'aristocratique vigueur de l'invention de Saint-Georges, sa souplesse et sa variété aussi, en font un musicien d'un esprit très proche de Mozart, toutes proportions gardées.

REQUIEM DE FAURÉ

Le Requiem a été composé sans intention particulière. Fauré en avait simplement assez de jouer toujours la même musique aux funérailles célébrées à la Madeleine. Il est possible toutefois que des considérations personnelles aient influencé la composition de l’œuvre qui débute peu après la mort de son père et qui s’achève peu après celle de sa mère. Le Requiem pourrait alors être considéré comme une expression de la tragédie personnelle de Fauré.

A ceux qui l'interrogeaient sur la Genèse de son requiem Fauré répondait : "Mon Requiem a été composé pour rien...pour le plaisir si j'ose dire" et dans un entretien, il précise qu'il a "cherché à sortir du convenu", préférant exprimer sa sensibilité d'artiste, sa conception personnelle de la mort .

L’œuvre date pour l'essentiel de l'automne 1887 et du tout début de 1888.La genèse de l’œuvre, assez complexe, est tout à fait imperceptible à l'audition tant le style est homogène. L’œuvre fut jouée à cette époque sous la direction de Fauré, avec les moyens relativement réduits de la Madeleine : une maîtrise d'enfants d'environ trente voix, chantant les parties de soprano et d'alto (les femmes étaient exclues du sanctuaire, selon la tradition romaine encore en usage), quelques voix d'homme, une contrebasse et l'orgue de chœur . Les cordes et instruments à vent s'ajoutaient pour l'occasion à cet effectif permanent.

L'orchestration de Fauré était si originale (pas de violons, pas de bois) que son éditeur lui conseilla de réaliser une version pour grand orchestre symphonique avant de publier la partition. Les choses traînèrent en longueur, si bien que l’œuvre, achevée pour l'audition du 17 mai 1894 en concert, ne parut qu'en 1900 (réduction chant et piano de Roger Ducasse) et 1901 pour la partition d'orchestre.
L’atmosphère générale du Requiem donne une impression de douceur, d’émerveillement, d’espérance et d’humilité, tempérée par quelques passages forte où l’on ressent la frayeur, la douleur, le doute.

Cette œuvre est composée de sept parties (tous les textes sont en latin) et sa durée d’exécution est d’environ trente minutes.

 « Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux...

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